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A la découverte du pays profond : Biskra, Batna, Constantine, Jijel, Béjaïa des escales sublimes

A la découverte du pays profond : Biskra, Batna, Constantine, Jijel, Béjaïa des escales sublimes

Notre quotidien poursuit sa série de grands reportages qui offrent le mérite, et non des moindres, d’aller à la rencontre et surtout à la découverte du pays profond. D’est en ouest et du nord au sud, c’est un véritable éblouissement recommencé. Notre jeune reporteur Makhlouf Aït Ziane, qui a sillonné ces sublimes régions d’Algérie, n’en finit pas de raconter tous ces inoubliables moments vécus intensément. Avant de les faire partager aux lecteurs et lectrices et repartir, de suite, pour de nouvelles aventures et d’autres sensations toujours plus fortes, toujours plus intenses...

Après un périple à travers les wilayas de l’Ouest (Oran , Chlef, Mostaganem), qui nous a permis de découvrir les sites magnifiques de cette région, nous poursuivons notre randonnée du côté des wilayas de l’Est toujours à la rencontre de l’Algérie profonde et ses secrets millénaires. C’est un lundi. L’horloge indique 11h45. Décollage imminent. Destination wilaya de Biskra distante de 400 kilomètres d’Alger. L’AT 72.500 et son équipage nous emmènent sans obstacle à notre destination. Mais l’atterrissage, une heure après, est plutôt mouvementé.

Déjà, à l’arrivée, l’impression du Grand Sud se profile. Deux chauffeurs de bus, Saïd et Mohamed, nous attendent, à l'aéroport pour nous déposer à l’hôtel Ziban, sis au centre-ville. Au sein du groupe de journalistes invités par l’Office national du tourisme (l’ONT) à l’occasion de la célébration de la Journée nationale consacrée à ce thème, une folle ambiance règne et cela, en dépit de la fatigue et une chaleur torride qui plombe l’air. L’accueil du personnel de l’hôtel était chaleureux ; ils nous ont servi le thé traditionnel pour nous souhaiter la bienvenue et ensuite remis les clefs de nos chambres.

El Kantara : un voyage dans l’histoire

Après une brève halte, c’est le moment de commencer l’aventure. Nous prenons place dans un bus bien équipé. Destination El Kantara. Un village rouge et porte du désert, la porte du Sud à 1.800 m d’altitude. Après une heure de route, un spectacle des plus fascinants s’offre à nos yeux éblouis, à la vue de ce site historique et de cette oasis verdoyante.

Notre guide Nounou a égrené, au fil des étapes, toutes les anecdotes sur l’histoire de cette ville, capitale des monts du Zab, Zibans. Elle est surnommée la reine des Zibans (en arabe «arrous Ezzibane») et la porte du désert. Ce qui a suscité notre attention, c’est l’émergence de ce site au milieu d’une «déchirure» étroite dans le djébel Metlili. Vraiment un endroit à découvrir. Nous fûmes éblouis par le fabuleux décor qui entoure ce site merveilleux.

El Kantara, une perle rouge qui nous fait rêver par la beauté de ses oasis, blottie au pied d'une imposante falaise. Un site qui rafraîchit grandement l’esprit des visiteurs. Est construit sur ce site par les Romains un pont vers le deuxième siècle avant-Jéus-Christ. El Kantara, une très belle légende. Soudainement, un cortège nuptial arrive accompagné d’une troupe musicale traditionnelle. Ce site se veut Certainement comme un porte-bonheur pour les nouveaux mariés.

A cet instant, la joie envahit nos esprits. Tandis que le sourire n’a pas quitté nos lèvres. Un seul signe de mécontentement : il est déjà temps de rentrer. Les festivités de la Journée nationale vont commencer. Il n’y a pas une minute à perdre. Laissant derrière nous cette magnifique légende. Elle nous a raconté à sa manière son histoire.

Les balcons de Ghoufi : entre histoire et légende

Le lendemain. Il est six heures. Temps propice au déplacement. On démarre vers la wilaya de Batna, distante de 150 km de Biskra. Le thermomètre affiche 33 °C. Après une heure de route, nous arriverons aux balcons de Ghoufi ou canyon de Ghoufi. Un long canyon du nom de l'oued Abiod (Ighzer Amellal) traverse tout le «comté» de Tifelfel à M'chounèche.

Déjà avant d’arriver à ce site, le guide Nounou nous a donné un avant- goût sur sa beauté. Il n’a pas cessé de vanter son histoire et sa beauté magnifique. A quelques centaines de mètres des sites, nous faisons des signes de main. «Oui. Il a raison. C’est une vraie carte postale», souligne Nawal. On dirait que nous sommes en train de changer d’époque. Les balcons de Ghoufi sont d'une beauté unique au monde», reprend Nawal ravie. Ce qui a donné plus de charme à ce site, c’est cette rangée de palmeraies implantées le long de l'oued. On se croirait dans les fameuses Rocheuses tant le site est fabuleux et unique à la fois. Nous avons pris des photos souvenir. Il faut déjà partir et s’arracher à tous ces paysages extraordinaires. Malgré une chaleur suffocante, la joie au sein du groupe règne en maître absolu. Nous laissons derrière nous une histoire, une légende. En route alors vers le centre-ville de la wilaya.

Arris : le monument à la mémoire du déclenchement de la Révolution de 1954

Nous passons par un point historique «Arris». C’était là que les moudjahidine ont tiré la première balle, signe du déclenchement de la révolution du 1er Novembre 1954. L’affaire de l’assassina de Kaïd et la famille Monroe. Celle-ci est la première opération du chahid Mostefa Ben Boulaïd. Après un repos bien mérité à l’hôtel Chélia, construit dans les années 1978, nous continuerons le voyage vers le Nord. Nouvelle étape, la wilaya de Constantine distante de 200 kilomètres de Batna.

Le tombeau d’Imedghassen symbole de la civilisation amazigh

L’horloge affiche 18h. Nous arrivons à la wilaya de Constantine. Un voyage qui a duré plus de deux heures. Tout le long du chemin, nous avons apprécié la beauté des paysages qui défilent sous nos yeux. Il n’y a pas un endroit où une civilisation n’a pas laissé son empreinte tel que le tombeau d’Imedghassen. Selon les historiens, c’est le plus ancien tombeau royal berbère. Considéré par les spécialistes comme étant la première tentative pour l’édification d’un État en Afrique du Nord. Fondé entre le IIe et IIIe siècles avant Jésus-Christ. Toujours selon les mêmes sources, ce tombeau est construit pour Micipsa, le fils du roi amazigh Massinissa. «Notre pays est riche non seulement par sa beauté naturelle, mais aussi par ses vestiges romains», a souligné notre guide Saïd. «Chaque région dans notre pays a ses caractéristiques touristiques. Ce qui nous permettra d’être l’une des destinations importantes dans le monde», a-t-il renchéri. Ajoutant : «J’ai accompagné plusieurs touristes venant des quatre coins du pays. Toutes les délégations sont séduites par cette beauté. Nous devons aller plus loin dans ce secteur promoteur», a-t-il estimé.

Nous pénétrons Constantine. Une région réputée par sa musique andalouse appelée communément le «malouf», ainsi que par la beauté de ses ponts légendaires. Ses ponts légendaires confèrent à la ville, vue de loin, un aspect pittoresque. «Pour mieux connaître et apprécier la cité, mieux vaut la parcourir à pied», a suggéré Nacira, chargée des relations publiques au niveau de l’Office national du tourisme (ONT). Nous avons commencé la visite par le monument. Situé sur les hauteurs de la ville. Un endroit magnifique qui repose les esprits. Après une courte halte et la prise des photos souvenir, nous avons poursuivi la visite, traversant le pont de Sidi M’cid. Surplombants la cité du vieux rocher se dresse l'hôpital Ibn Sina. La nuit enveloppe la ville. Ce qui donne plus de charme à cette belle région. Nous étions pris par le temps. Après une ultime flânerie dans les ruelles de la ville, nous sommes rentrés à l’hôtel «Novotel». Situé au cœur de la ville, à la Brèche. C’est le premier hôtel de cette chaîne internationale installée en Algérie.

Plus de 3.500 touristes étrangers enregistrés au 1er trimestre

A l’hôtel, nous avons saisi l’occasion pour interroger M. Amar Benturki, chef du service tourisme, pour avoir quelques informations sur la région. Il nous a indiqué à l’occasion que les travaux de réalisation de trois zones d'expansion touristique (ZET) seront lancés prochainement dans la wilaya de Constantine : «Vu ses infrastructures, Constantine devrait être l’une des premières destinations touristiques en Algérie.» « En 2011, nous avons enregistré 8.000 touristes étrangers. S’agissant du premier trimestre 2012, plus 3.500 visiteurs ont été enregistrés. Ce qui représente une augmentation de 10% par rapport au premier trimestre de l’année 2011», ajoutera-t-il. Selon lui, ce chiffre montre l’importance de la ville de Constantine. En matière d’infrastructures et d’accueil, il a relevé que «dans le cadre du quinquennat 2009/2014, nous avons enregistré cinq hôtels dont deux réceptionnés récemment. Avant la fin de l’année 2012, nous réceptionnerons deux autres hôtels. Tous ces projets nous permettront d’avoir une capacité d’hébergement de 600 lits».

Jijel : une beauté sauvage

Il est 7h00. Le temps propice au déplacement. C’est le moment de quitter l’antique Cirta. Direction Jijel. Distante de 120 kilomètres de Constantine. Laissant derrière nous cette ville riche d’histoire. La capitale de Massinissa, Micipsa et Jugurtha, glorieux rois numides. En passant par le barrage Bouharoun, une occasion à ne pas rater pour prendre des photos souvenir. Autour du barrage, une ceinture verte qui ajoute à la beauté du site et qui repose le regard. «Ce barrage non seulement est un endroit pour le repos, mais aussi un lieu de loisirs pour les amoureux de la pêche», souligne un citoyen rencontré sur les lieux. «Ce site est un endroit où la beauté trouve toute sa signification», a ajouté le jeune garçon. Nous poursuivons le chemin vers le centre-ville de Jijel. A l’entrée de cette belle ville, nous pénétrons des endroits boisés. Ce qui leur donne un charme particulier. Ensuite Jijel nous laisse à découvrir sa fabuleuse corniche, ses falaises et ses plages sorties comme tout droit du paradis. De Ziamma Mansouriah aux Aftis, le Parc national de Taza, Jijel recèle des paysages qui en font un pôle d'attraction incomparable. Nous quittons Kotama, situé au centre-ville. Direction les Grottes merveilleuses. Leur découverte remonte à plusieurs années. Elles conservent toujours la même attraction des touristes. Au sein du groupe, une ambiance plutôt bon enfant règne. Nous pénétrons dans cette grotte. On dirait que nous sommes dans une autre époque. L’âge des pierres. Ce qui nous a impressionnés, c’est le décor de stalactites et de stalagmites, créé selon une architecture dont seuls le temps et la nature détiennent le secret. Une salle souterraine immense sertie de diamants qui nous rappellent les fameux trésors des valeureux rois d’une époque si lointaine. Le gardien de cette caverne ne manquera pas de nous réserver une agréable surprise par un petit joli spectacle de son et de lumière. Les Grottes merveilleuses, un lieu qui nous permettra de toucher du regard des formes pétrifiées. Selon le gardien des lieux, ce site accueille chaque année, et particulièrement en période estivale, de nombreux visiteurs. A l’instar de ses merveilleuses Grottes, la wilaya de Jijel possède des plages qui font d’elle l'une des plus belles destinations en Algérie.

A quand des infrastructures touristiques ?

Ce qui a suscité notre attention malgré la beauté sauvage et les magnifiques plages et merveilleuses grottes de Jijel, le manque d’infrastructures touristiques. Certes, pour améliorer le tourisme dans cette région, il est nécessaire d’encourager les hommes d’affaires à investir davantage. Il est 17h. Le moment de quitter Jijel arrive. Hélas, le temps, trop court, ne nous permettra pas de mieux découvrir cette belle région ! Laissant derrière nous ses belles et magnifiques plages et ses Grottes qui nous ont raconté leur histoire à leur manière. En attendant d’y revenir pour une autre évasion.

Béjaïa : un accueil chaleureux

Poursuivant notre voyage vers la wilaya de Béjaïa; «Bgayet », l’âme de la Kabylie, distante de 96 kilomètres de Jijel. Une région réputée par sa beauté naturelle et son architecture coloniale. Une des rares villes algériennes qui réunit autant d’atouts touristiques. Le long de la route, nous avons apprécié la beauté sauvage des paysages fabuleux, où la mer et les montagnes vivent en parfaite symbiose. Selon le guide, «Bougie» est devenue capitale des Hammadites vers le milieu du XIe siècle. Elle a joué un très grand rôle politique dans cette dynastie berbère qui était en conflit avec celle des Almoravides. «Pour raconter l’histoire de cette ville, il nous faut au moins une journée», a souligné le guide Saïd. Après une heure de route, nous arrivons à l’hôtel les Hammadites situé à Tichy, à 20 km à l'est de Béjaïa. Les chambres de cet établissement, datant de plusieurs années, n'offrent qu'un service simple. L’accueil de son personnel est plutôt chaleureux. Il a répondu à nos moindres désirs, car rompu à la bonne pratique touristique. Rencontré sur les lieux, son directeur nous a confié : «Cet édifice a bénéficié d'un crédit bonifié de 1 milliard de dinars pour engager des travaux de réhabilitation et d'extension.» Déjà à l’arrivée, les journalistes ont beaucoup apprécié cette ville. Après une brève pause à l’hôtel, nous avons visité le centre-ville. La place Gueydon est le point de ralliement de tous les estivants. Située sur les hauteurs de l’ancienne ville, cette place domine le vieux port marchand que les yeux émerveillés découvrent d’un regard lointain jeté du balcon, sur lequel on peut s’appuyer. Une vue panoramique qui ébahit nos yeux. Le moment du retour à l’hôtel arrive. Lors de cette virée, la fameuse Nacira nous a fait éclater de rire par ses blagues. Ce qui fait le cachet de cette ville, c’est surtout l’animation particulière nocturne. A Tichy, les hôtels et restaurants offrent leurs services : discothèques, chambres, le tout dans une ambiance libre. Les plus démunis peuvent passer la nuit sur le sable de ses grandes plages sans risque.

Yemma Gouraya : la sainte patronne de la ville

Le lendemain, matin. Un temps propice pour une autre escale. Direction, les hauteurs de la ville. Yemma Gouraya, la sainte mère. Elle veille sur cette ville et ses habitants. Nous avons emprunté son chemin fait de pierres. Malgré la fatigue, que le paysage fabuleux relègue au second plan. Il nous a littéralement coupé le souffle : on avait l’impresion de frôler les nuages d'un regard émerveillé. Haut perchée, à 660 mètres d’altitude, elle nous permet ainsi de dominer la ville de Béjaïa et la mer. Un panorama splendide. La sainte mère Yemma Gouraya, chantée par une brochette d’artistes de la région, notamment Sadek Abjaoui, Chrif Kheddam, Djamel Allam, etc.

Cap Carbon : le repos de l’esprit

Nous nous dirigeons ensuite vers le cap Carbon, à deux kilomtres du lieu sacré. Considéré comme le phare naturel le plus haut du monde, son sommet culmine à 242 m au-dessus du niveau de la mer. Malgré une chaleur torride, l’ambiance est agréable. A notre arrivée sur ce magnifique site, nous sommes restés les bras ballants à jauger du regard ce décor naturel. Le bleu de la mer et celui du ciel finissent par se confondre dans l’immensité de l’horizon. «On dirait un tableau dessiné de main de maître par un grand peintre», souligne l’un de nos accompagnateurs. «Béjaïa, une ville qui mérite toutes les épithètes de la beauté», a-t-il encore ajouté. Ce qui a donné plus de charme à ce site, c’est la grotte qui traverse la montagne de part et d’autre sous forme de tunnel. Selon des historiens, cette caverne est le refuge du philosophe catalan Raymond Lulle, après son fameux débat avec les oulémas de la ville de Béjaïa en 1307. Le temps de quitter le site approche. En dépit de la canicule, l’attractivité des cites domine. Mais nous n’avons pas le choix. C’est le moment de rentrer à l’hôtel.

En route vers la capitale

Le lendemain. Un vendredi. De bon matin, tout le monde à préparé ses bagages. Le séjour tire à sa fin. Destination, le littoral ouest de Béjaïa. Une opportunité pour découvrir ces magnifiques plages. L’appréciation des journalistes est unanime : Béjaïa, c’est la petite Suisse, une perle et une histoire. Les souvenirs de ces villes resteront gravés dans nos mémoires. En attendant le retour pour un autre voyage, pour un autre rêve. Merci pour tous ceux qui ont participé à l’organisation de ce magnifique voyage.

Reportage réalisé par

Makhlouf Aït Ziane

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