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Adrar - Timimoun : Deux escales de rêve pour citadins en quête d’exotisme

Quelle magnifique randonnée que celle qui nous a permis de découvrir notre Sud si sublime. Mais comme toutes les belles choses ont hélas une fin, nous avons hâte d’y retourner...

Après avoir quitté Alger, laissant derrière nous le stress quotidien et son urbanisme désordonné, l’atterrissage sur l'aéroport d'Adrar est amorcé. Déjà, à l’arrivée, l’impression du Grand Sud commence. Après de petites formalités, moins compliquées qu’à l’aéroport d’Alger, nous prenons place dans un bus Toyota bien aménagé pour le voyage.Au sein du groupe de journalistes invités par l’Office national du tourisme à l’occasion de la Journée mondiale consacrée à ce thème, l’ambiance est au rendez- vous, et cela malgré la fatigue et une chaleur torride qui plombe l’air.

Adrar : un accueil grand comme ça

Vers 14h, nous prenons la route en direction de l’hôtel Touat, se trouvant au centre, à 40 km de l’aéroport. L’accueil du personnel de l’hôtel est chaleureux, le thé traditionnel est servi pour nous souhaiter la bienvenue avant qu’un délicieux couscous ne vienne assouvir nos ventres affamés.Une brève halte, et c’est le moment de commencer la visite de la ville d’Adrar. C’est un spectacle des plus charmants qui s’offre à nos yeux éblouis, à la vue de ces ksours de Gourara et les oasis verdoyantes.Notre guide ammi Bachir a égrené, au fil des étapes, toutes les anecdotes sur l’histoire de cette ville, capitale du Touat appelée jadis «Timi» qui est, selon lui, «le lien de transit de caravanes commerçantes vers l’Afrique noire, ce qui a permis la propagation de l’islam vers le Sud». A 17h, nous prenons le chemin vers Tamentit distante d'une quinzaine de kilomètres. La première capitale de la région réputée par son savoir-faire de spiritualité et d’architecture. Et c’est sous les éclats du soleil sur le sable, que le cortège composé d’un bus et de trois 4x4 s’ébranle. Arrivés dans cette petite ville, tout le monde est surpris par la beauté naturelle où se mêlent le rouge, l’ocre des constructions de style néo-soudanais avec les fouggaras, ces ingénieux systèmes d’irrigation qui distribuent l’eau équitablement et avec parcimonie à tous les habitants des quartiers. Selon les explications données par le P/APC Nadjimi Abderahmane, l’analyse urbaine du ksar de Tamentit dévoile une évolution du tissu ksourien, qui correspond aux différentes phases historiques que la région a connues. En s’approchant de cet immense édifice, «le ksar», construit sur un plateau entouré de palmeraies, nous enchante tellement, que nous croyons être dans un décor de cinéma où le traditionnel et le moderne se confondent majestueusement. Nous découvrons une cartographie spéciale composée d’une pente raide de grès avec un dénivelé d’une quinzaine de mètres sur lequel se tiennent encore les ruines des anciennes kasbate et une bonne partie du ksar. «Il s’agit de la partie la plus ancienne de Tamentit», a souligné le maire, avant d’ajouter que « les foggaras et les seguiate constituent l’autre caractéristique de la région ».« Il y a dix ans, cette ville grouillait de monde, des touristes un peut partout, mais malheureusement ce n’est pas le même cas aujourd’hui», déplore Abderahmane qui nous invite à admirer un paysage féerique à partir d’un endroit surélevé à l’intérieur du bordj.Une occasion de dominer la ville dont nous avons tant admiré la beauté naturelle et l’architecture, royale, ancestrale, dont les constructions sont enchevêtrées les unes avec les autres, formant un joyeux mélange. Notre hôte ne cesse de regretter la situation difficile dans laquelle se trouve actuellement Tementit. « Et pourtant, c’est la huitième merveille du monde », a-t-il « modestement » estimé. Rentrer à Tementit sans rendre visite à sa bibliothèque importante qui dispose de manuscrits très anciens serait impensable ; néanmoins, son état vieillot et mal entretenu surprend, de même que celui des habitations et quartiers alentours, dont les maisons sont dépourvues de toutes les commodités nécessaires, nous apprend-on. Un constat qui devrait être soumis aux autorités locales !Il est 19h, c’est le moment de quitter cette ville légendaire et de revenir à l’hôtel, après avoir quitté les habitants qui nous ont chaleureusement remerciés. Et bien que nous ne voulions pas quitter cet endroit unique, c’est notre compère Samir qui nous a pressés. Un dîner avec les autorités locales nous attendait.

Timimoun : au bout du trajet, la surprise

Il est six heures, temps matinal propice aux déplacements. On démarre vers Timimoun, distante de 250 km qui se situe au cœur d’un vaste plateau de près de 10.500 km2 dans lequel se trouvent de nombreuses dépressions de type sebkha ou anciens lacs salés (la sebkha de Timimoun mesure plus de 80 km). Cette région est la ville la plus importante du Gourara. Elle comporte près d’une centaine de ksours, villages traditionnels et oasis, accrochés soit dans les festons de falaise, au pied du plateau calcaire du Tademaït, soit dans des cuvettes cachées entre les dunes du grand Erg occidental. En cours de route, notre guide Bachir nous montre une grande station électrique qui alimente la ville d’Adrar. De chaque côté de la route, notre regard, subjugué, s’accroche devant ce plat absolu sous un ciel paradisiaque. «Vous n’avez rien vu», a indiqué le guide, «il y a plusieurs surprises qui vous attendent quand vous arriverez à Timimoun», a-t-il ajouté. Soudain, une oasis surgit, prenant tout le monde de surprise. Bachir nous dit que celle-ci est le Tademaït, « le plateau qui se prolonge et s’étale dans toute sa splendeur et sa grandeur jusqu’à Menéa (El-Goléa) » a-t-il dit. A quelques kilomètres, une autre surprise, c’est le village Hougrout, la cité aux 12 ksours. Une architecteur similaire à celle qu’on a déjà vue. « C’est l’une des spécificités des villes d’Adrar », nous explique le guide.

Deux heures après, apparaît Timimoun, l’oasis Rouge qui a fait et qui fait rêver de nombreux amoureux du désert. De célèbres visiteurs ont été ses hôtes. « C’est vrai que nous sommes dans un autre monde, avec ce paysage lunaire », indique l’un de nos compères. « aussi, tous les rêves sont permis , a-t-il ajouté. A midi, nous arrivons à l’hôtel Ksar Massine qui se trouve au centre de la ville, l’accueil des personnels est similaire à celui de Touat.

Après un repos bien mérité, nous sortons à 15h pour une petite balade au centre avant d’aller assister à la célébration de la Journée mondiale du tourisme. Une occasion de découvrir la richesse culturelle de la région. A 18h, l’inauguration des festivités où les troupes folklorique de la région, telles que Ahelil, Tagerrabt, Hadra, baroud, se sont produites, mêlant chant accompagné d’imzad, et danse avec le karkabou. Il est 21h, on rentre à l’hôtel.

Sites enchanteurs et paysages envoûtants

Le lendemain, à 10h, direction Tinerkouk, partie nord du Gourara distante de 80 km au nord-est de Timimoun. Nous sommes chaleureusement accueillis par la population. La beauté du paysage fait oublier la fatigue du voyage et la chaleur torride qui y règne. Selon les explications de l’un de nos accompagnateurs, cette région est appelée en jargon local Azrafat, mot berbère, azoft, qui signifie souffles ou fleuves des vents. La particularité de cette région et ses environs réside dans le mode de vie de ses populations et leur relation avec la nature. Nous avons pu visiter de splendides sites touristiques tels que Fatis Timzlane, Ben Aissa Tekana, Ouled Said, Kali, Aghlid… et chaque endroit a sa particularité. Un magnifique voyage qui restera gravé dans nos mémoires.Mais l’un des plus beaux moments a été la visite du site de Aghlid, un paysage de rêve, où nous avons pu grimper sur la grande dune (plus de 200 mètres, nous a-t-on dit), laissant derrière nous des traces volatiles. L’ambiance très conviviale et surtout le soleil (qui nous a permis d’avoir un temps superbe) ont fait de cette escale, un voyage mémorable, au cœur d’une nature à l’état pur.Hélas, le temps de retourner à l’hôtel est arrivé. Il est temps de préparer le retour à Alger, lacapitale.

Déjà Alger, on sort les valises du placard

Jeudi de bon matin, le séjour est fini, c'est l'heure de faire nos bagages. Tout le monde se retrouve pour le dernier petit-déjeuner avant de rejoindre l'aéroport d’Adrar. Alger est déjà là. Mais les souvenirs de cette légendaire région restent gravés dans nos mémoires. Adrar et Timimoune étaient pour nous, jeunes novices du Sud, la huitième merveille.En attendant d’y revenir pour une autre évasion, ce fut une véritable bouffée d’oxygène qui nous a fait oublier le stress de la capitale et son vacarme incessant.

M. AZ

Kamel Lassoui directeur régional de l’Office national algérien du Tourisme pour le Grand sud

“L’Algérie ? Un tourisme en devenir”

Le tourisme saharien constitue une véritable aubaine pour l’Algérie. Le pays regorge de paysages envoûtants et d’un patrimoine culturel inestimable. Mais le vrai fer de lance du tourisme demeure, incontestablement, le Sahara. Comment promouvoir cette destination aux atouts inquantifiables ? Kamel Lassoui répond.

On en parle peu, mais comment se porte le tourisme saharien ?

En fait, durant ces dix dernières années, le tourisme saharien a connu une progression constante, hormis l’année 2010 où une relative chute du flux a été enregistrée. Celle-ci est due à ce qui s’est passé dans le Sahel, au plan sécuritaire. L’influence était malheureusement regrettable sur notre secteur. En plus du marché traditionnel pourvoyeur de touristes pour l’Algérie, formé par les pays occidentaux, on a enregistré un intérêt de certains pays de l’est de l’Europe, de la Chine et de la Corée. Les dessertes aériennes directes « opérant » sur Tamanrasset, Djanet, Timimoune et Ghardaïa ont aidé à multiplier le nombre de visiteurs et facilité l’accès, dans ces régions. Les rénovations de certains hôtels du Sud ont été entamées, tandis que d’autres programmes vont certainement améliorer la qualité de services attendue par les clients. Nous nous attendons à une reprise pour l’année 2012, car les conditions sont plutôt réunies.

La ressource humaine constitue un maillon fort de la chaîne, est-ce le cas chez nous ?

L’homme est un élément essentiel pour le bon fonctionnement de l’activité touristique. Il est le pivot essentiel dans l’échiquier de la fonction, surtout qu’on a affaire à l’être humain qui reste délicat à domestiquer. Former des hommes dans tous les niveaux d’intervention, c’est assurer la qualité des services qu’attendent les touristes. Aussi, parler aujourd’hui d’industrie de tourisme, c’est donner de l’importance pour la maîtrise des techniques touristiques et hôtelières. Assurer une qualité de formation et des trainings permanents, c’est garantir l’élan de l’activité touristique. Elle doit toucher pratiquement tous les niveaux d’intervention. Du guide de circuit, au gestionnaire de l’unité, en passant par les chefs d’expédition, les cuisiniers, les agents d’accueil et d’information, etc. Demain, s’il y aura le rush, on va avoir certainement le problème d’encadrement. Même si une formation sera assurée dans un certain nombre d’instituts dépendant du ministère de l’Enseignement supérieur ou du privé, cela reste insuffisant, car cela demande aussi de l’activité touristique.

A votre avis, qu’est-ce qu’il y a lieu de faire pour propulser et promouvoir le tourisme saharien ?

Effectivement, l’avantage du tourisme saharien est qu’il est très recherché par la clientèle de différents pays dans le monde. Il suffit de le proposer intelligemment au marché. Tout d’abord, le faire mieux connaître à trouver les marchés en utilisant les nouvelles techniques commerciales par le biais des « hôtes » publicitaires professionnels et étrangères, si besoin est. Ensuite, il faut procéder à des études tarifaires compétitives tout en cherchant à étaler les périodes des vacances. L’idée des représentations du ministère de Tourisme à l’étranger peut être d’un apport certain dans la mesure où la promotion deviendra aussi permanente qu’agressive, pour justement influencer ces pays pourvoyeurs à se rendre en Algérie qui est en fait n’attend que cela. Mais il faut contrecarrer les agissements des médias sur le tourisme au Sud. Il est lieu aussi de dire que l’investissement et très important, il y a des véritables professionnels qui viennent avec leur capital expérience et ils drainent derrière eux la clientèle qui est la finalité de l’activité touristique. Si vous n’avez pas des clients, c’est comme si vous n’avez rien. A titre d’exemple, les investisseurs en Tunisie et au Maroc participent eux-mêmes à ramener les clients. Nous allons certainement éviter les aléas est essayer de prendre le bon côté et le développer.

Et vous pensez qu’on a les capacités matérielles et compétences humaines ?

Je vous assure que nous avons de cadres de haut niveau, que ce soit au niveau du ministère, l’Office national du tourisme (ONT) ou au niveau des agences privées que nous connaissons. Il y a lieu peut-être de développer les facilités. Encourager en premier lieu les gens qui activent dans ce secteur et puis croire de leur compétences, et ils vont aider à booster le domaine du tourisme en Algérie.

Aussi, est-ce qu’on peut espérer substituer le pétrole par cette manne ?

En général, disons que le tourisme peut être une des solutions à l’après-pétrole. Le tourisme saharien, atout majeur de l’Algérie, peut constituer l’amorce de l’activité touristique algérienne et n’est en appel à sa généralisation. Nous espérons que l’Office nationaldu tourisme se développera pour accélérer l’activité du tourisme saharien qui doit être le palliatif du pétrole. Les produits touristiques existants doivent être divulgués au niveau mondial, parce que l’Algérie se singularise par sa beauté naturelle et culturelle, dans le Grand Sud notamment, ceci d’autant que le rôle du tourisme sur le plan économique et très important. Aujourd’hui, nous n’avons pas atteint cet objectif, mais il y a lieu d’espérer que nous puissions traiter davantage de groupes de touristes.C’est vrai que ce n’est pas le cas actuellement, pour un certain nombre de raisons telles que la sécurité, mais nous y travaillons, et nous y arriverons, Inch’Allah !

Entretien réalisé par M. A. Z.

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Aline et Paul, deux touristes français :

“Venez nombreux, l’Algérie est magnifique”

“Nous avons trouvé à Timimoune un accueil extrêmement chaleureux et fabuleux, cette ville est un endroit magique et magnifique avec ses dunes d’or, et cette verdure tout autour », s’est extasiée Aline, une touriste française rencontrée dans la région.Accompagnée de son mari, Paul, ces deux cadres parisiens, sont venus passer un séjour au Sud, notre interlocutrice a indiqué que les citoyens de cette région font tout ce qui leur est possible pour que leur région soit connue. « Nous, touristes étrangers, nous sentions presque comme chez nous », avant d’ajouter que « les citoyens de cette ville veulent que leur région soit visitée par les touristes ». De son côté, son mari nous a indique que l’Algérie est un pays magnifique qui a des grandes potentialités touristiques. Il a fait appel à tous ses amis européens pour rendre visite en Algérie, et qui est, selon lui, un pays très sympathique et très accueillant.

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