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Oran-Mostaganem-Chlef : A la conquête de l’Ouest...

Oran-Mostaganem-Chlef : A la conquête de l’Ouest...

Après une précédente visite guidée, organisée par l’Office national du tourisme (ONT) et le ministère du Tourisme au profit des journalistes à Tikjda, Tipasa et Béchar, l’itinéraire nous mènera cette fois-ci à l’ouest du pays où nous marquerons des haltes au niveau des wilayas d’Oran, Mostaganem et Chlef.

De notre envoyé spécial Makhlouf Aït Ziane

Nous sommes mercredi et il est 14h30 précises. C’est l’heure du départ. Il n’y a pas une minute à perdre. Nous prenons place dans un bus bien équipé pour la circonstance. L’ambiance est conviviale et tout le monde est détendu. Nous prenons la nouvelle autoroute Est -Ouest sous un ciel ensoleillé en direction d’Oran « El Bahya » distante de 400 km d’Alger. Une région réputée par sa beauté et une architecture qui date de l’ère coloniale. Elle est connue aussi pour sa musique rai.

Une magnifique autoroute sans stations-service

Tout au long du trajet, nous découvrons la magnifique autoroute Est- Ouest. Elle est en forme de serpentin qui semble s’étendre à l’infini. Un vrai chef-d’œuvre qui fait la fierté de notre pays. « Avant l’inauguration de celle-ci, nous parcourions cette distance en 6 heures Maintenant nous ne dépassons pas les quatre heures », souligne l’un de nos accompagnateurs. De chaque côté de la route, notre regard subjugué, s’accroche à ce beau paysage sous un ciel paradisiaque. Quoiqu’on dise sur ses insuffisances, l’autoroute Ouest fait miroiter des promesses de développement. Mais ce qui a suscité notre curiosité est le fait qu’il n’y ait pas de relais, pas de stations-service, encore moins d’aires de repos. Certainement ce manque engendre un grand problème pour les voyageurs. A ce propos, le chauffeur de bus nous a raconte qu’une fois, un groupe de touristes européens dont la plupart d’entre eux étaient des personnes âgées demandaient un arrêt toutes les 30 min pour se reposer. « Si on veut vraiment attirer les touristes il est nécessaire que les pouvoir publics pensent remédier à ces défaillances » a-t-il indiqué. Après deux heures de route le bus s’arrête pour une brève halte.

Rencontre avec les représentants des hôteliers

Il est 21 h. Enfin nous arrivons à Oran. Le chauffeur a pris tout son temps. Il n’a pas dépassé les 100 km/h. Plus de 5 h pour arriver à notre destination. A l’hôtel Royal, un grand édifice de cinq étoiles d’une architecture chargée d’histoire, son décor raffiné rehaussé d’œuvres d’art orientalistes, peintures originales, reproductions du peintre Etienne Dinet. Nous sommes accueillis chaleureusement par le personnel de l’hôtel et des roses ont été distribuées aux femmes. Un service de table exemplaire, nos moindres désirs ont été exaucés. La gérante, une femme, venue nous accueillir arborant un large sourire nous dira que « L’hôtel Royal est exceptionnel aussi magique que serein, un îlot de bien-être pour y séjourner ».

Il est minuit et bien que fatigué, nous avons quand même fait une virée nocturne aux alentours de la ville. Le silence règne en maitre absolu. Un froid glacial sévit dans les quartiers oranais. Nous avons été enveloppés par un brouillard épais. Ce qui a donné plus de charme à cette belle région. Nous étions pris par le temps. Nous avons visité le front de mer, qui est la vitrine d’Oran. Une vue panoramique s’est offerte à nos yeux. Hélas ! Le moment de retour à l’hôtel arrive. Lors de cette virée nous étions accompagnés de Nacéra chargée des relations publique à l’ONT et le guide Nounou qui nous ont fait éclater de rire par leurs blagues.

Il est 8 h00 du matin. Le départ vers l’hôtel le Méridien pour assister à la rencontre nationale des hôteliers (FNH) où le ministre du Tourisme et de l’Artisanat M. Smail Mimoun a annoncé la naissance officielle de cette fédération. L’Assemblée générale élective, a vu la participation de 365 hôteliers. Le patron de la chaîne Eden, Karim Cherif a été élu à la tête de la nouvelle Fédération en obtenant les votes de 27 délégués de wilayas sur les 31 représentées, à l’AG. Une occasion pour les journalistes de poser leurs questions aux différents représentants des hôtels et d’agences de voyages au niveau national. A cette occasion le ministre à mis l’accent sur le nombre d’hôtels existants actuellement au niveau national une question qui nous a intéressé tant que cet éducateur est focalisé sur celle-ci. En effet le ministre a indiqué que le parc hôtelier se compose de 1.025 hôtels. Celui-ci sera renforcé par 700 nouveaux établissements qui sont en cours de réalisation. Ces données ont démontré l’amélioration qu’a connue le parc hôteliers ce qui est selon lui un acte encourageant, mais ils doivent absolument être accompagnés par une dynamique plus soutenue et plus large dans le domaine de la qualité.

Santa Cruz, toute une histoire

Après une longue journée de travail, nous prenons la route vers Santa Cruz. «visiter Oran sans voir Santa Cruz c’est comme si on n’a rien vu », a souligné l’un de nos accompagnateurs. À 30 minutes de route, nous arriverons au sommet de la montagne de Santa Cruz où une vue splendide d’Oran nous attend. Nous dominons El Bahya. Nous avons une vue prenante sur la baie et la ville d'Oran à l’est et sur le port de Mers el-Kébir au nord-ouest. Selon notre guide Nounou, qui nous dira que durant la période de 1849, Oran a connu une épidémie de Choléra ravageuse, entraînant la mort de milliers de victimes. A cette période, la vierge a sauvé la région en arrêtant l'épidémie de choléra. Elle a répondu aux prières des gens de la région en leur envoyant la pluie. Pour lui rendre hommage, les citoyens, lui ont édifié une cathédrale. Rencontré sur les lieux, un touriste français, Arnould, nous a indiqué que c’est pour la première fois qu’il se rend en Algérie. Le peuple algérien est accueillant et cela s’explique par la beauté de paysage. Oran une région magnifique par rapport à son architecture et sa beauté naturelle. Avec un enthousiasme certain, ce touriste nous a indiqué que prochainement il visitera le Sud du pays. L’image de l’Algérie n’est pas celle exprimée dans la presse étrangère. Je trouve que le pays possède, toutes les potentialités pour développer son tourisme». Après deux heures, nous prenons la destination de l’hôtel Palace Aïn Turk. Nous avons passé une belle soirée. Une troupe de danseurs et danseuses nous a fait voyager à travers différentes régions du pays par ses mouvements de danse.

Direction Mostaganem

Le lendemain à 9 h, nous prenons la route d’Oran, en direction de l’hôtel Murustaga au centre-ville, à 150 km de la wilaya d’Oran. Après deux heures de route, nous arrivons à l’hôtel Sablettes. La directrice du tourisme de la wilaya Mme Amel Bouazara, nous a accueillis avec courtoisie. Nous sommes ébahis par la beauté de cet hôtel. L’accueil du personnel est chaleureux, ils nous ont servi un délicieux plat qui a tôt fait de « renflouer » nos ventres. Après une petite halte, nous reprenons la route vers le centre-ville pour visiter des hôtels réalisés ou en cours de réalisation. A cette occasion la directrice nous a appris que le secteur touristique dans cette wilaya sera bientôt renforcé par 40 structures hôtelières dans le cadre de l’investissement privé dont 32 sont en cours de réalisation, notamment au niveau des Sablettes. Ces projets sont susceptibles d’assurer 4.000 lits. 10 nouveaux projets le long du littoral sont également prévus pour 2014. Durant la visite, le guide a mis l’accent sur l’histoire de la région. Qui est selon lui, une ville très riche non seulement par sa beauté naturelle, mais aussi avec son histoire, qui remonte à plusieurs années plus de « 30.000 années ». Nous avons remarqué que plusieurs cités de cette ville historique portent des noms berbères. Les contes de l’historienne nous ont plongés dans la mémoire historique de cette région. Quand l’historien parle le silence règne dans le bus. Ce silence montre l’intérêt des journalistes pour l’histoire de leurs pays, en particulier celle de la région. Après la visite des hôtels nous continuerons notre chemin à la découverte des zones d’expansion touristique. A 16 h nous arrivons à la zone Souakhta l’une des plus belles de la région. Malheureusement celle-ci est défigurée par l’installation d’une station de dessalement d’eau de mer. La directrice de la wilaya déplore que de telles zones ne sont pas prises en considération par les collectivités locales. Non sans amertume, elle nous a indiqué qu’une zone pareille pourrait attirer des investisseurs. Tout le monde est pris par la beauté de ce décors naturel, qui fera rêver certes, les amoureux de la nature et de la mer. La wilaya de Mostaganem possède 16 zones étendues sur 124 km le long du littoral comptant 48 plages dont 21 autorisées à la baignade. Après une halte nous prenons la route vers les lieux saints où nous avons visité zaouia el Alawiya située au quartier tidjdith au centre ville de Mostaganem. A l’intérieur, celle-ci nous a raconté son histoire à sa manière. Selon les dires de certains gens de la région que nous avons rencontrés, après la mort du maître spirituel de la Tariqa Alâwiya, arrière petit-fils du Cheikh Al Alawî, c’est le Cheikh Khaled Bentounès qui l’a remplacé. Dans notre périple nous avons constaté que la plupart du parc hôtelier est concentré au chef-lieu de la wilaya et au niveau de la station balnéaire des Sablettes. A travers ce voyage nous avons remarqué que cette wilaya possède des potentialités pour le développement de son tourisme non seulement au niveau de ses plages mais aussi à travers ses différents lieux de cultes. Elle offre d'énormes opportunités et peut devenir un futur pôle du tourisme en Algérie. Le lendemain matin nous prenons la route vers Ténès située dans la wilaya de Chlef, distante de 120 km de Mostaganem.

Ténès, harmonie entre la mer et la forêt

Après une heure et trente minutes de route nous arriverons à notre destination. Des forêts nous accueillent à l’entrée, nous pénétrons cet espace avec un immense plaisir. On dirait que nous sommes dans une époque unique, immémoriale. Elle date de plusieurs années. On les aperçoit dès l'approche et l’endroit est très accueillant avec des rues bien entretenues. Le long du trajet le guide nous a initiés à l’histoire de la région. Selon lui, l’origine de Ténès remonte a 3.000 ans, avec les occupations successives de plusieurs conquérants tels que les Berbères, Phéniciens, Romains et Vandales. A 9 km de Ténès, la baie de Taragnia apparaît soudainement au détour d'un virage. Le bus s’arrête pour nous permettre de prendre des photos souvenir. En haut c’est la montagne et en bas la mer. L’Algérie est un beau pays. C’est un trésor caché. On dirait des tableaux dessinés par un grand peintre. Un décor qui peut être l’une des 7 merveilles du monde... Le calme régne en maître absolu. Après une petite pause nous poursuivons notre chemin vers le golf de Bouchghan. Une plage enserrée dans les bras de la montagne. Une brise maritime nous ramène du large, une bouffée d’oxygène. Certes, ils n’ont pas tort ceux qui ont dit que cette région côtière est la seule en Algérie où le niveau de pollution est de zéro. Une zone d’expansion touristique vierge, sans construction où règne une harmonie entre la mer et la forêt. Le temps de quitter cet endroit paradisiaque arrive. Nous la quittons dans l’espoir qu’un jour nous y retournerons. Nous sommes ébahis par ce décor qui nous a fait voyager dans un monde irréel. Incontestablement, cette région est l'une des plus belle station balnéaire avec une mer d'un azur intense. Elle présente une singulière variété d'aspects. Nous avons visité ensuite le RasTénès « le cap de Sidi Maroine » une station remontant à l’ére préhistorique. En ce site des chercheurs ont découvert des ossements de l’ère préhistorique. La route nous mène ensuite vers le phare de Ténès construit à la pointe du cap.

Chlef : de nouveaux hôtels

Nous sommes à Chlef dans un hôtel situé au centre-ville. Dès le lendemain, commence la visite des hôtels construits et en cours de construction. Nous avons commencé par l’hôtel Salam. Le patron nous accueille chaleureusement. C’est une structure de trois étoiles d’une capacité d’accueil de 170 lits qui permettra la création de 45 emplois. Ensuite nous avons visité l’hôtel El-Ouencharis situé également au centre-ville. Il a une capacité de 124 lits et 30 emplois et El-Qalaa avec 120 lits et 30 emplois, et deux projets touristiques également en cours de réalisation à Beni Haoua avec une capacité d’accueil dépassant 300 lits. Mais ce qui a attiré notre attention c’est la poussière et les ordures un peu partout. Il ne suffit pas de réaliser des hôtels, mais encore faut-il tenir compte aussi de l’hygiène. La ville de Chlef est une cité qui mérite un toilettage immédiat. Elle repose sur 35 communes, dont 20 possèdent des vestiges datant de l’époque romaine et une trentaine des plages dont 26 sont autorisées à la baignade, ainsi que 10 sites touristiques d’une superficie de 1.600 hectares dégagés par l’Etat et devant générer 6.000 nouveaux lits. La wilaya de Chlef a un avenir prometteur dans le tourisme. Le moment de retour à Alger arrive. Le séjour est fini, c'est l'heure de faire nos bagages. Tout le monde se retrouve pour le dernier déjeuner avant de rejoindre le bus. La capitale est déjà là. Mais les souvenirs de ces trois wilayas restent ancrés dans nos mémoires. Oran Mostaganem et Chlef étaient pour nous, des stations de plaisance. Notre voyage guidé reprendra dans d’autres villes d’Algérie. A bientôt...

M. A.Z.

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