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10 Novembre 2018
USA-enchères-arts-peinture
Hockney, Hopper, nouvelle offre pléthorique aux enchères d'automne à New York
Après le "Salvator Mundi" à 450 millions
de dollars et la vente des oeuvres des Rockefeller, New York inaugure dimanche
une nouvelle saison d'enchères visant à alimenter la boulimie mondiale d'art,
avec plusieurs collections majeures, dont David Hockney et Edward Hopper sont
les principales vedettes.
Pour Adrien Meyer, co-président du département Impressionnistes et Art
moderne au sein de Christie's à New York, il y a eu un "avant" et un "après"
Rockefeller.
La vente en mai de cette monumentale collection, qui a atteint 832 millions
de dollars, soit près du double du précédent record, "a prouvé que le marché
est assez profond pour absorber une vaste quantité d'oeuvres offertes en même
temps", dit-il. "Donc si nous sommes parvenus à passer ce test, tout est
possible."
Pour les grandes enchères d'automne qui s'étaleront de dimanche à jeudi,
plusieurs autres collections conséquentes sont au menu, en premier lieu celle
de Barney Ebsworth, entrepreneur américain décédé en avril dernier.
En six décennies, l'homme qui a fait fortune dans le tourisme et les
croisières a constitué l'un des assemblages d'art moderne américain les plus
remarquables au monde.
L'oeuvre la plus attendue de cette collection, dispersée par Christie's,
sera "Chop Suey" (1929), toile du peintre américain Edward Hopper, estimée
entre 70 et 100 millions de dollars.
Achetée 180.000 dollars par Ebsworth en 1973, elle devrait aisément établir
un nouveau record pour l'artiste, au-delà des 40,4 millions de dollars payés en
2013 pour "East Wind Over Weehawken".
- D'une génération à l'autre -
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Le coup de folie de novembre 2017, qui a vu le "Salvator Mundi" de Léonard
de Vinci adjugé pour 450,3 millions de dollars, a sans doute mis à l'abri pour
quelques années le record absolu. Mais il est possible que plusieurs oeuvres
franchissent, cette saison, le seuil des 100 millions de dollars, que douze
tableaux ont déjà dépassé.
Outre Edward Hopper, le peintre britannique David Hockney est candidat avec
son "Portrait of an Artist (Pool with Two Figures)": si le tableau se vend à la
hauteur de l'estimation de 80 millions de dollars, il établira un nouveau
record pour un artiste vivant, jusqu'ici détenu par Jeff Koons et son "Balloon
Dog (Orange)", parti pour 58,4 millions de dollars en 2013.
"Nous pouvons rarement dire: c'est l'occasion d'acheter le meilleur tableau
de l'artiste. (...) Cette fois, c'est le cas", estime Ana Maria Celis,
vice-présidente du département Après-guerre et art contemporain chez Christie's.
Avec plus de mille oeuvres et un milliard de dollars de ventes attendu,
Christie's devrait, une nouvelle fois, asseoir sa domination sur les grandes
semaines d'enchères.
Sans atteindre les valorisations de son grand rival, Sotheby's aura
néanmoins une offre dense, avec plusieurs dizaines de lots estimés à dix
millions de dollars ou plus chacun.
Est notamment attendu le "Pre-War Pageant" de Marsden Hartley, l'un des
premiers artistes américains à s'être totalement engagé dans l'abstraction, dès
1913.
Au même titre que Hockney ou Hopper, Hartley, dont la toile est estimée 30
millions de dollars, devrait atteindre un nouveau record personnel, tout comme
René Magritte, Wassily Kandinsky ou Willem de Kooning, signe de la vitalité du
marché de l'art.
"Nous avons toujours fait en sorte que nos ventes ne soient pas trop
grandes", explique Grégoire Billault, responsable du département Art
contemporain chez Sotheby's.
"Nous essayons d'être différents, pertinents et d'être dans notre époque",
explique-t-il, de savoir "ce que les générations plus jeunes vous disent
vouloir acheter."
Depuis quelques années, les grandes ventes sont le théâtre d'un passage de
témoin entre les grandes collections et une nouvelle génération d'acheteurs,
plus mondialisée que la précédente.
Elle permet à des oeuvres qu'on n'avait plus vues depuis des décennies de
refaire surface. C'est notamment le cas de Jean-Michel Basquiat, dont beaucoup
de tableaux avaient été achetés de son vivant, relève Grégoire Billault.
Pour Adrien Meyer de Christie's, "nous n'avons vu que la partie émergée de
l'iceberg".