Passerelle de l'actualité
8 Septembre 2015
Lundi, 11h00. C’est l’heure du départ. Il n’y a pas une minute à perdre. Nous prenons place dans un autobus bien équipé pour le voyage. L’ambiance est agréable, conviviale et imprégnée par le sentiment que nous sommes conviés à un voyage dans une localité réputée pour la beauté de ses paysages et l’hospitalité de ses habitants.
Autant d’arguments qui rajoutent à notre enthousiasme et à notre impatience. Nous prenons l’autoroute Est-Ouest sous un soleil ardent et une chaleur suffocante en direction d’Annaba. « L’Hippone de l’époque latine », distante de 540 km d’Alger. Une région célèbre pour la beauté de ses forêts, de ses plages. Elle est connue aussi pour sa musique traditionnelle, le malouf.
Autoroute Est-Ouest : une voie aux divers horizons
Tout au long du trajet, nous découvrons l’autoroute Est-Ouest. Ce que l’on a coutume d’appeler la réalisation du siècle. Un vrai chef-d’œuvre qui fait la fierté de l’Algérie. Franchement sans cette infrastructure impressionnante, les déplacements et les voyages aux quatre coins du pays seraient difficiles. Avec la curiosité d’un néophyte, je me suis installé devant le conducteur pour ne rien perdre du paysage. Cette autoroute s’ouvre à tous les horizons. A droite ou à gauche de l’autoroute, on peut distinguer de jolies plaines, des villages et des bourgades qui apparaissaient et qui disparaissaient presque aussitôt. Notre première halte : El Yachir, une localité de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. Réputée pour la qualité de sa viande et ses succulentes grillades. Après un repos bien mérité nous continuons le chemin. Ce qui a attiré notre attention, c’est le fait qu’il y a seulement quelques années ce chemin serpenté ne possédait ni relais, ni stations-service, encore moins d’aires de repos. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, fort heureusement. Ce qui confirme qu’il y a une amélioration constante. Quoiqu’on dise sur ses insuffisances, l’autoroute Est-Ouest fait rejaillir des signes évidents de développement et de croissance.
Annaba by night
Vers 17h00. Un panneau de signalisation indique ‘‘Annaba vous souhaite la bienvenue’’. La ville nous tend ses bras comme pour nous inviter à aller à la recherche de tous ses secrets. Eternel réflexe de touriste curieux et avide de tout connaître. Déjà à l’entrée de la cité apparaissent les premiers signes de développement. Des infrastructures modernes ne cessent de s’exhiber à tous les visiteurs. La ville s’est tellement étendue qu’il aura fallu au moins deux heures pour traverser une seule partie. Annaba, n’est pas avare de quartiers coloniaux, de ses boulevards et ses rues spacieuses, sans compter l’extrême affabilité et générosité de ses habitants. Pour autant, il paraît évident que l’essor de cette ville ne relève pas du hasard. Il confirme que les pouvoirs publics et les autorités locales de la région ont déployé des efforts méritoires en vue de développer et de dynamiser l’activité touristique, industrielle de cette ville balnéaire. L’autobus s’arrête devant l’hôtel international Seybouse. Une infrastructure publique construite durant les années 1970. Nous sommes ravis de l'accueil qui nous a été réservés. Après le dîner et une pose bien méritée nous entamons la visite de la ville. Notre premier contact : la corniche, un endroit très animé. Les magasins, les cafés, les restaurants sont ouverts. De nombreuses familles, accompagnées de leurs enfants, venant de différentes régions d’Algérie sont en quête de repos et de fraîcheur. Preuve que cette région côtière a retrouvé sa vitalité en ces soirées estivales. L’ambiance a atteint sa vitesse de croisière. Sur le bord de la route, les vendeurs sont nombreux. Ils proposent différents articles aux passagers. Na Djamila, sexagénaire, nous a indiqué que « pour fuir les températures suffocantes, on finit par succomber à l'appel de la mer ». Depuis le début de la saison estivale les familles se rendent à la corniche à la recherche d'un peu d'air frais et de repos ». Lors de cette balade nocturne, nous avons rencontré une famille venue de Djanet, l’extrême Sud, pour passer le congé à Annaba. La famille a exprimé sa pleine satisfaction quant à la convivialité et l’hospitalité des Annabis. « Dès le premier jour, nous nous sommes bien sentis, en tout cas nous sommes en sécurité », souligne un des membres de cette famille. Ahmed, un artisan, a rassuré que dans les endroits où il y a une affluence, il y a une présence importante de policiers pour assurer la sécurité des estivants. « Certes, il y a certains endroits où les gens ne doivent pas s’aventurer, » a-t-il précisé. « Grâce aux programmes d'investissements publics mis en œuvre depuis 1999 à ce jour les conditions sociales et économiques des habitants se sont améliorées, » a-t-il ensuite ajouté.
La basilique saint-Augustin : un haut lieu de spiritualité
Mercredi. Il est 6h00 du matin. Le bruit des camions, des voitures et des usines est intense. Signe d’une grande activité. Nous nous rendîmes à la basilique saint-Augustin, natif de Thagaste (Souk-Ahras). Cette basilique est dédiée à cet enfant de Numidie. Elle se situe dans une colline dominant la ville d’Annaba. Sa position stratégique et son histoire millénaire, lui ont permis certainement d’être l’une des destinations les plus fréquentées par les visiteurs. De loin, l’édifice religieux nous invite à presser le pas, histoire de nous engouffrer dans un passé glorieux mais assez méconnu. Après une quinzaine de minutes nous arrivons au sommet de la colline. Une vue splendide de la ville nous est offerte. Nous dominons l’antique Hippone avec un réel ravissement. Le silence règne. Celui que l’on a coutume de rencontrer dans les lieux de culte. Tout est calme. On est saisi par un sentiment de sérénité. La basilique est restaurée. Sans tarder, notre guide nous invite à pénétrer à l’intérieur. Les portes de ce lieu saint s’ouvrent. On a l’impression de passer dans un autre monde. Nous avons été scotchés par la beauté de l’architecture, rehaussée par une parure exceptionnelle de vitraux. « Visiter Annaba sans voir la basilique saint-Augustin, c’est comme si on n’a rien vu », a souligné Randa. Le lieu représente une création artistique particulière. Sa réhabilitation officielle a été lancée par le Président Abdelaziz Bouteflika, en 2011. Il lui a consacré alors, un colloque international. Le père Ambroise Tshibangu, recteur de la basilique, n’a pas cessé de nous raconter et donner des explications sur les différents symboles de ce lieu. Il a fait savoir que la majorité des visiteurs, sont des Algériens soit 90%. Pour appuyer ses dires il cite à titre d’exemple que depuis ce matin il a enregistré presque 200 visiteurs, dont deux étrangers. « Après la restauration de la basilique, il y a eu une affluence importante de citoyens », a-t-il indiqué. Le nombre des visiteurs enregistrés par an oscille entre 8.000 et 12.000 personnes. S’agissant des visiteurs étrangers, il a relevé qu’« il a constaté que leur nombre a fortement diminué à cause de l’instabilité des pays voisins. » Rencontré sur les lieux, un touriste français, Eric, nous a indiqué que c’est pour la première fois qu’il se rend Annaba. Le peuple algérien est chaleureux et accueillant, notamment les Annabis, cela s’explique probablement par la beauté des paysages et la nature. « Regarde un lieu pareil n’existe nulle part qu’ici en Algérie », a-t-il dit.
Il n’y a pas une minute à perdre. Destination le port pour une balade sur mer. Lors de cette randonnée, nous avons eu la chance de visiter la zone d’expansion touristique de Chetaïbi, le cap de garde et la zone touristique de Seraïdi.
« Annaba mérite d’être un pôle d’excellence »
Le directeur du tourisme au niveau de cette région balnéaire, M. Bounafaâ Noureddine, nous a accueillis chaleureusement. Toute en exprimant son mécontentement quant à l’exploitation des richesses touristiques d’Annaba. Les potentialités touristiques ne sont pas « exploitées comme il le faut, notamment en ce qui concerne le tourisme cultuel, culturel et de montagne, surtout que cette région est riche en forêts. Notre région avec ses potentialités devrait être un pôle d’excellence... » a-t-il ajouté.
Mettant l’accent sur le schéma directeur de l’aménagement du territoire au niveau d’Annaba, il a indiqué que ce dernier est en phase de concrétisation sur le terrain. S’agissant de l’investissement, il a fait savoir qu’actuellement il y a une forte demande pour l’investissement touristique — mais dans le cadre du programme de Comité d’assistance à la localisation et à la promotion des investissements et de la régulation du foncier (CALPIREF) — qui n’ont pas vu le jour et cela à cause de certains problèmes notamment ceux liés au foncier touristique. Sur les 205 zones d’expansion touristique (ZET) que recèle Annaba, il y a seulement quelques-unes qui ont le plan d’aménagement, car ce dernier, a-t-il précisé, « est un permis de notaire, un mécanisme et un instrument d’urbanisme qui nous permet de poursuivre les procédures afin de le mettre à disposition des investisseurs. » Concernant le nombre d’hôtels, il a indiqué qu’actuellement il ne dépasse pas les 42, avec une capacité d’accueil de 4.127 lits et 828 postes d’emplois. Un nombre selon lui, insuffisant par rapport au nombre des visiteurs nationaux et étrangers.
Notre interlocuteur trouve regrettable qu’au niveau de ces hôtels la qualité et la prestation de service ne répondent pas aux normes internationales et aux exigences des clients.
Le nombre des demandes d’investissements des projets touristique est estimé à 52 avec une capacité d’accueil de 6.063 lits et plus de 4.071 postes d’emplois à créer.
A une question relative au nombre des plages autorisées pour la baignade, il a fait savoir que Annaba recèle 27 plages, dont 21 autorisées durant cette saison estivale. La particularité de notre région, c’est que la plupart de ses plages sont urbaines. Ces dernières reçoivent un nombre important des visiteurs venant de différentes régions d’Algérie. Mettant à profit cette occasion, il a mis l’accent sur la formule chez l’habitant, indiquant que celle-ci a connu cette année une amélioration remarquable. Pour le moment on n’arrive pas à recenser le nombre de maisons, car la plupart des citoyens craignent de se rapprocher au niveau de notre direction pour faire la déclaration, à cause des impôts. Pourtant on lance des campagnes de sensibilisation qu’on organise à chaque fois pour leur faire comprendre qu’il n’y a pas de paiement d’impôts mais en vain.
M. A. Z.