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Makhlouf Ait Ziane shared Elli fel 9alb fel 9alb's...

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Tournée à M’sila et Boussaâda : Kalaât Beni Hammad ou le témoignage d’un passé glorieux

Notre tournée à la découverte de l’Algérie profonde et millénaire se poursuit, cette fois, du côté est du pays. M’sila et Boussaâda, deux régions au passé glorieux et marqué par des événements épiques. Un voyage à travers le temps.

Notre tournée à la découverte de l’Algérie profonde et millénaire se poursuit, cette fois, du côté est du pays. M’sila et Boussaâda, deux régions au passé glorieux et marqué par des événements épiques. Un voyage à travers le temps.

Reportage réalisé par
Makhlouf Ait Zia
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Jeudi 1 mai 2014. Il est 8 heures. Matinée printanière qui invite à sortir dehors. Alger s’enveloppe dans la lumière d’un soleil ardent. M’sila, distante de 500 km d’Alger, nous attend. Le bus pour nous y emmener est confortable, les préparatifs du voyage sont terminés. Journalistes et étudiants de l’Ecole nationale de tourisme, invités par le Touring Club d’Algérie, échangent des amabilités, certains sont impatients d’arriver à destination, mais nous avons déjà quitté Alger et le bus qui nous transporte a déjà avalé 50 km d’asphalte. A travers la vitre, de beaux paysages verts défilent sans discontinuer.

L’inénarrable Kalaâ de Béni Hammad
Le voyage n’a pas duré longtemps. C’est à 13 heures sonnantes que nous arrivons enfin à l’hôtel « El Kalaâ » situé dans le centre-ville de M’Sila. L’aire de stationnement est déserte. Le soleil est au zénith et l’air est suffocant. Nous optons d’abord pour une sieste bienfaitrice avant d’entamer la visite. Destination : Kalaât Beni Hammad, située dans la commune de Maâdid.
Pour nous souhaiter la bienvenue, un délicieux plat traditionnel « chakhchoukha » est servi au grand plaisir de nos papilles et de nos estomacs qui étaient, il faut l’avouer, vides. Un accueil chaleureux nous a été réservé par un représentant de l’APC et le président de l’association culturelle de cette commune. « Vous serez agréablement surpris par El Kalaâ, ornée de monuments d’époque riches en histoire et sa position stratégique », souligne le président de l’association. Sa description de ce monument nous a déjà donné un avant-goût des surprises que nous réserve l’endroit.
« En fait, c’est la troisième fois que nous venons à M’sila, mais nous n’avons pas eu l’opportunité de découvrir ce monument », indique Nawal une consœur, mais cette fois a-t-elle dit, « nous ne laisserons pas passer cette chance. Le temps de réaliser ce rêve, de le vivre et de le partager, est arrivé ».
Sur le chemin, à une dizaines de minutes du centre de jeunes, le minaret de la grande mosquée surgit. « C’est tout ce qui reste de la Kalâa des Beni Hammad ? interroge l’un des étudiants de l’école de tourisme. Notre guide opine de la tête avec un accent de regret dans la voix : « Si nous n’étions pas intervenus à temps, ce lieu historique aurait disparu ».
Le bus s’arrête et nous restons ébahis devant ce site archéologique situé entre des montagnes. A l’intérieur le changement est si frappant qu’on se croirait plongés dans une autre époque.
Chacune des pierres du site reflète des pans entiers du passé. Sa position géographique et son architecture originale témoignent de la grandeur de la civilisation Hammadite. « Ce palais est une preuve que l’Algérie recèle un trésor historique qui lui permettra d’attirer des milliers de touristes », affirme avec enthousiasme Saïd, un touriste venant de la wilaya de Bejaia, et qui nous précisera que c’est la première fois qu’il vient à M’sila. Une visite qu’il ne regrette pas apparemment, au vu de son sourire satisfait. Le vue de ce site historique l’ayant enthousiasmé. Selon les explications de notre guide ce minaret est le plus ancien d’Algérie après celui de Sidi Boumerouane à Annaba.
A l’intérieur du minaret, et bien que celui-ci ait fait l’objet d’une opération de réhabilitation il ya quelques années, les signes de dégradation et de laisser aller sont nettement visibles et attristants.
Et voilà, Kalaât Beni Hammad nous a ouvert sa porte pour se laisser découvrir, et faire étalage de son riche passé cultuel et culturel, tout en essayant de cacher la marque du temps et de l’oubli. En haut du minaret, la grandeur du paysage est à couper le souffle. Nous quittons ce monument après l’incontournable prise de photos souvenir.

Absence d’une politique de valorisation
A l’instar d’autres sites touristiques, la problématique de l’hygiène et de la propreté se pose avec acuité à Kalaât Beni Hammad. Kamel, l’un des agents de sécurité du site, retrouvé adossé au mur du monument, une bouteille d’eau entre les mains, hausse ses épaules en un geste d’impuissance, se contentant de nous montrer du doigt l’immense tas d’ordures qui s’entasse formant une décharge sauvage à quelques mètres seulement du minaret. « Nous faisons un double travail, celui de gardiens et d’agents de nettoyage », dit-il déplorant cette situation. « On ne peut pas assurer deux fonctions en même temps. Les responsables des collectivités locales, notamment le président d’APC, doivent mettre en place des fonctionnaires qui s’occupent de l’hygiène et de la préservation quotidienne de ce site historique », a-t-il ajouté.
Il faut dire que les déchets jetés à même les sites touristiques constituent une défaillance de taille des collectivités locales, mais le plus incompréhensible, c’est que le site de la Kalâa des Beni Hammad ne dispose pas de toilettes, ni publiques ni privées.
Aucune commodité n’est assurée, aussi, rares sont les touristes ces derniers temps. Ceux qui ont construit cette ville antique avec l’espoir de transmettre aux futures générations leur culture et leur traditions, ainsi qu’une partie de leur savoir-faire seraient certainement déçus de voir dans quel état celle-ci se trouve aujourd’hui.

Tafza, ou le site des dunes blanches
Il est temps de quitter les lieux. Destination Boussaâda qui constitue un lieu de vacances par excellence. Le soleil cuisant darde ses rayons comme des piqûres d’insecte. Notre première halte : le site de Tafza, situé à 6 km au nord de Boussaâda. Tafza, nom berbère qui signifie pierres réduites en poussière. L’horloge affiche 18 heures. Le soleil décline lentement à l’horizon. Un vent souffle légèrement et modérément. Les températures nocturnes commencent à s’installer. Les dunes blanches, formées par le sable de la pierre Tafza, est d’une beauté à couper le souffle. On dirait un cadre dessiné par les mains d’un peintre aguerri. Ils sont d’une hauteur très modeste, doux au toucher.

Le silence règne en maître absolu.

« Pour ressentir la douceur des dunes, il vaut mieux se balader pieds nus », assure notre guide.
Un peu plus loin, un bruit de machines attire notre attention, c’est celui de la carrière de gravier de la ville. Notre interlocuteur pointe son doigt vers l’endroit enveloppé par un manteau de poussière, en indiquant que, « malgré les multiples réclamations pour arrêter définitivement ou délocaliser cette carrière, notre revendication n’a toujours pas trouvé d’écho auprès des autorités locales ».
En effet, le site renommé des dunes blanches voit chaque jour sa situation se détériorer un peu plus, par la proximité de cette grande usine à ciel ouvert. Après une séance de prise de photos souvenir, et un repos bien mérité, nous retournons à M’Sila.
Une chose est sûre : ceux qui sont à la recherche d’un endroit de relaxation et de s’éloigner de l’urbanisation, des panoramas pollués par la fumée des usines, la région de Tafza répondra certainement à leurs aspérités. Tafza ouvre ses portes à tous ceux qui veulent découvrir ses curiosités et accéder à son monde spécifique et son histoire écrite sur les gravures rupestres.

Les matériaux de construction du terroir
Le lendemain matin, nous visitons l’ancienne médina. « Où est l’ancienne ville ? », demande l’un des journalistes. « Nous sommes en plein cœur de la médina », répond notre guide en souriant. En effet, la construction moderne et anarchique a envahi complètement l’ancienne ville. Une bétonisation à outrance a détruit ce trésor historique qui porte néanmoins les nombreuses traces de la richesse de la population de la région. Avec son charme irrésistible et la couleur ocre des murs de son ancien palais, l’ancienne Médina a fait rêver et a inspiré plusieurs artistes notamment le célèbre peintre Etienne Dinet. Aujourd’hui, malheureusement avec cette modernisation tous azimuts Boussaâda a perdu de son âme. Ceux qui veulent vraiment voir le cachet original de l’architecture et de la véritable beauté de cette ville millénaire n’ont qu’à chercher sur les toiles de Dinet, pourtant certains vestiges sont là, entourés de palmiers qui rappellent l’ambiance typique d’autrefois.
Une chose attire toutefois notre attention, c’est que dans chaque coin de la ville, l’eau jaillit abondamment. Des fontaines fraiches abreuvent les passants un peu partout, ce qui confirme la richesse des nappes phréatiques de Boussaâda.

Les oasis : un spectacle féerique
Après la visité du mausolée d’Etienne Dinet, devenu Nasreddine Dinet après sa conversion à l’islam, de son compagnon, Hadj Slimane Ben Brahim, qui est situé en contrebas de la montagne de Kerdada, le chemin nous a mené vers les oasis disséminées au milieu de la plaine du Hodna. Un moment de relaxation et de contemplation de la verdure et des dunes qui les entourent.
Au milieu de ces palmeraies, un spectacle féerique se présente à nos yeux. Il n’y a rien à commenter, ce lieu peut constituer une source d’inspiration à l’esprit des poètes et des artistes, surtout au vu de la rivière qui traverse les oasis. Un spectacle on ne peut plus éblouissant, accentué par un silence d’où ne jaillit que le bruit du ruissellement de l’eau sur les rochers
Hélas, là aussi, le constat est amer, du fait de la présence d’amas de déchets dispersés ça et là, occasionnant odeurs pestilentielles et spectacle désolant : « Cet endroit qui a été pendant longtemps un lieu paradisiaque et animé est aujourd’hui déserté du fait des mauvaises odeurs générées par les eaux usées déversées à ciel ouvert par les habitations anarchiques qui poussent ici et là », souligne notre guide avant d’ajouter qu’ « à l’époque tout le long du rapide cours d’eau, des femmes lavaient leur linge et des touristes venaient en masse de différents pays pour assister à cela, mais malheureusement au fil du temps, la rivière a été complètement abandonnée ».

Zaouïa El Hamel, fief de la confrérie de Rahmania
Nous nous déplacerons ensuite à la zaouïa d’El Hamel fief de la confrérie des Rahmania. La route qui nous a menés vers ce lieu saint est serpentée. A une trentaine de minutes de Boussaâda, la zaouïa surgit, couronnant la ville. Sans tarder nous accédons à l’intérieur. Une salle spacieuse décorée dans le plus pur art islamique. Les parties hautes et les murs de l’édifice sont ornés par des motifs qui ont caractérisé plusieurs époques et épopées du monde arabe.
Le guide nous a invités à découvrir une autre salle d’où des photos d’illustres personnalités de la confrérie, comme Abdelhalim Cheikh Snoussi sont bien alignées. A notre grand étonnement, nous apprenons qu’en 1904, la zaouïa a été dirigée par Lalla Zeinab qui a succédé à son père, cheikh Mohamed Ben Belkacem, décédé en 1897.
MAZ

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