Passerelle de l'actualité
13 Novembre 2018
Tunisie-tourisme-gouvernement-religion-judaïsme
Tunisie: un ministre de confession juive se défend après des polémiques
Le ministre proposé pour le Tourisme dans
le prochain gouvernement tunisien, René Trabelsi, un voyagiste de confession
juive, s'est défendu après plusieurs mises en cause et des appels à manifester
contre la "normalisation des liens avec Israël"
Une petite manifestation contre sa nomination a eu lieu dimanche, et une
poignée de gens ont, à l'appel d'une organisation tunisienne se présentant
comme communiste, à nouveau protesté lundi devant le Parlement, où se tenait la
séance plénière consacrée au remaniement ministériel décidé le 5 novembre.
Lors de cette plénière, plusieurs députés notamment de gauche ont accusé le
chef du gouvernement Youssef Chahed de "normaliser les liens avec Israël" en
désignant M. Trabelsi comme ministre.
M. Trabelsi, 56 ans, est le troisième homme de confession juive à accéder
au poste de ministre, plus d'un demi-siècle après Albert Bessis (1955) et André
Barouch (1956), dans un pays qui comptait alors une centaine de milliers de
citoyens de confession juive, contre 1.500 aujourd'hui.
"Je n'aimerai pas que ma judéité soit un motif de rejet, je n'aimerai pas
qu'elle soit non plus un motif folklorique de soutien", a écrit M. Trabesli
dans une tribune publiée par le journal électronique Businessnews.
Il évoque "des récriminations fondées sur ma judéité (...) sur mon absence
de diplômes" et sur le fait qu'il soit "tuniso-français".
René Trabelsi a également été accusé d'avoir la nationalité israélienne ou
encore d'avoir assisté ce week end à l'ouverture d'un bureau de la Ligue
internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) en Tunisie, qui a
fait polémique -- ce qu'il a réfuté, billet d'avion à l'appui.
Une page du site internet de la Licra, une organisation accusée par nombre
de Tunisiens de soutenir Israël, annonçait le lancement officiel samedi d'une
branche tunisienne -- une page depuis supprimée du site.
Cela a déclenché un tollé, et un historien présenté comme son président
d'honneur, Habib Kazdaghli, l'un des rares historiens non juifs à avoir étudié
la communauté juive tunisienne, a été expulsé de son parti selon la presse
tunisienne.