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musée-artisanat-France-Japon-arts :  "Japon-Japonismes" ou l'universel tropisme nippon de l'art français 


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   "Japon-Japonismes" ou l'universel tropisme nippon de l'art français 
                   
                   
    
      PARIS,  15 nov 2018 (AFP) - Une robe-kimono de John Galliano, la  
signature de Toulouse-Lautrec inspirée des gardes de sabre japonais, une chaise  
longue en bambou : l'art japonais a pénétré toutes les strates du design et des  
arts français, comme le montre "Japon-Japonismes" au Musée des arts décoratifs  
de Paris. 
   "Le japonisme irrigue une grande partie de l'art occidental": Olivier  
Gabet, directeur du Musée et commissaire général de l'exposition, en fait la  
démonstration sur 2.200 m2 au travers de 1.400 oeuvres d'art allant de la mode  
à la photographie, en passant par le graphisme et le design. 
   L'exposition (jusqu'au 3 mars 2019) s'inscrit dans le cadre de la  
gigantesque saison culturelle "Japonismes", qui rassemble près de 70 grands  
événements culturels dans toute la France en l'honneur des 160 ans des  
relations diplomatiques entre Paris et Tokyo. Cette année du Japon, qui a déjà  
attiré 700.000 visiteurs depuis cet été, selon la Maison de la culture du Japon  
à Paris, honore également les 150 ans de l'avènement de l'ère Meiji, en 1868.  
   Suivant l'ouverture des ports japonais dès 1854, cette époque marque la fin  
de l'isolement de l'Archipel, qui avait interdit tout lien avec l'étranger en  
1639.  
   Après la réclusion volontaire, c'est l'ouverture totale vers l'étranger,  
faisant découvrir à l'Occident un pays fabuleux, comme le montre une autre  
exposition: "Meiji" au musée Guimet de Paris (jusqu'au 14 janvier 2019).  
   L'Archipel va immédiatement fasciner, tels que le prouvent les fabuleux  
objets exposés au Musée des arts décoratifs. Ainsi, dès les années 1860, Emile  
Reiber, considéré comme l'un des premiers "designers" français, conçoit des  
services et meubles Christofle utilisant non seulement les dessins nippons mais  
également les techniques, comme la laque et le cloisonné. 
   Un autre designer, le Britannique Christopher Dresser, ira plus loin: il se  
rendra au Japon en 1876-77 et en reviendra avec un minimalisme inédit pour  
l'époque, incarné par ses célèbres théières et cruches d'un modernisme très  
dépouillé. 
    
   - Plus qu'un mouvement - 
   ======================== 
   A la toute fin du XIXe siècle, c'est le marchand d'art allemand Siegfrid  
Bing, grand "japoniste", qui influence fortement l'Art nouveau, nom qu'il avait  
lui-même inventé pour baptiser sa galerie parisienne. 
   Les Monet, Van Gogh et Degas se laissent envahir par les estampes;  
Toulouse-Lautrec signe "HTL" dans un cercle imitant un tsuba (une garde de  
sabre japonais) et un cabaret montmartrois s'ouvre sous le nom: "Le Divan  
japonais".  
   La mode japonisante ne s'arrête pas aux seuls arts "majeurs" comme la  
peinture. "Le Japon est présent dans tous les domaines: le graphisme, la mode,  
le textile, la photographie, le design...", explique M. Gabet, d'où le pluriel  
à "Japonismes" dans le libellé de l'exposition.  
   "Au Japon, il n'y pas de hiérarchie dans l'art: le laqueur est aussi  
important que le peintre. Il n'y a pas de primat comme en Occident", souligne  
le commissaire. 
   L'influence va ainsi être prépondérante dans les arts décoratifs. Au milieu  
du XIXe, le céramiste Félix Bracquemond est le premier à découvrir Hokusai,  
célébrissime peintre-dessinateur japonais, et emprunte ses traits pour décorer  
ses services de vaisselle, avec un grand succès. "C'était chic d'aimer le  
Japon. Les objets étaient très populaires", souligne M. Gabet.  
   L'appétence pour tout ce qui fleure le Japon ne se démentira pas avec le  
temps. "Le japonisme est totalement différent d'un mouvement, qui est fermé et  
fini dans le temps: le japonisme, lui, est une fascination persistante", ajoute  
t-il.   
   Ainsi en 1940, la designer française Charlotte Perriand effectue un long  
séjour au Japon et y crée sa chaise longue de bambou tressé baptisée "Tokyo",  
devenue iconique depuis. 
   Plus tard encore, Yves Saint Laurent détourne l'exotisme nippon pour ses  
fabuleuses créations, à voir dans l'exposition qui lui est consacrée dans le  
musée éponyme à Paris (jusqu'au 27 janvier).  
   Et en 2019, l'architecte japonais Tadao Ando inaugurera une nouvelle Bourse  
de Commerce à Paris aux sculptures minimalistes très nippones, comme le montre  
le Centre Pompidou, dans une exposition consacrée à l'artiste (jusqu'au 31  
décembre). 
   "Le japonisme ne s'arrêtera jamais", en conclut Olivier Gabet. 
   l
AFP 

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