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Tourisme saharien : Un secteur en pleine croissance

M. Saïd Boukhelifa à El Moudjahid : « lever les contraintes »

Dans cet entretien, l’expert revient sur la situation actuelle du tourisme saharien. Il s’agit d’une destination qui est, pour l’Algérie, non pas comme un choix, mais une réelle opportunité à exploiter.

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Entretien réalisé par Makhlouf Ait Ziane

Dans cet entretien, l’expert revient sur la situation actuelle du tourisme saharien. Il s’agit d’une  destination qui est, pour l’Algérie, non pas comme un choix, mais une réelle opportunité à exploiter. Les pouvoirs publics devraient déployer plus d’efforts et lui accorder  plus de considération, car elle constituera une source d’entrée de devises.

El Moudjahid : L’ouverture officielle de la saison du tourisme saharien a été lancée depuis   Tamanrasset. Comment évaluez-vous la situation actuelle de cette activité ?
M. Saïd Boukhelifa : Le tourisme saharien dans l’extrême Sud est dans une situation précaire depuis 2008, suite aux problèmes qui avaient surgi  aux frontières avec le Niger et le Mali. Plus de visas délivrés aux étrangers et des sites fabuleux très prisés par la clientèle internationale ont été fermés. Les agences de voyages locales, dont chacune nourrit 3 à 4 familles, se retrouvèrent sans ressources touristiques. Leur situation est devenue dramatique, beaucoup fermèrent.

À votre avis, l’Algérie peut-elle concurrencer plein de pays, avec le développement du tourisme saharien ?
Effectivement, l’Algérie, avec ce créneau,  peut concurrencer et largement dépasser même beaucoup de pays, pour ce type de tourisme d’expéditions, de campements et bivouacs. À condition que les contraintes soient levées. Assouplissement et facilités dans la délivrance des visas aux étrangers, et réouverture des sites fermés aux touristes.

Qu’est-ce qui bloque le développement dans cette région ?
Ce sont les contraintes anti-tourisme qui sont citées plus haut, si la volonté politique était appliquée et suivie territorialement. Le tourisme saharien est victime aussi de la non-utilisation du Schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT), élaboré en 2007 et consacré lors des Assises nationales du tourisme de février 2008.
L’Algérie doit s’occuper sérieusement des ressources humaines, par la formation touristique de qualité, car les services sont médiocres partout dans le domaine. Seul le tourisme saharien et le tourisme culturel peuvent rendre ses lettres de noblesse à notre pays, comme dans les années 70. Le tourisme balnéaire est à oublier, car il est mal vu, en terme d’images, de l’autre côté de la Méditerranée.
M. A. Z.
 

Tourisme saharien : Un secteur en pleine croissance

140.000 touristes en 2016.

http://www.elmoudjahid.com/temp/fr/actualite2%5b114800%5d.jpgD.R

Le coup d’envoi officiel de la nouvelle saison saharienne (2017 /2018) a été donné, vendredi  à partir de la wilaya de Tamanrasset, par le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, M. Hassen Mermouri.

Il a  exprimé  sa  pleine satisfaction quant à la croissance remarquable enregistrée, ces dernières années, dans cette activité porteuse pour l’économie nationale, indiquant : «Le tourisme saharien a connu une amélioration notable en termes de  visiteurs.» Appuyant ses dires, il a annoncé que le nombre des touristes a atteint les 140.000 l’année dernière, dont 10.000 étrangers. Il dit, dans ce sens, que l’État a déployé beaucoup d’efforts pour le développement du tourisme saharien. Preuve étant, au niveau de différentes  régions du Sud, le secteur recense actuellement quelque 424 nouveaux projets de structures hôtelières et touristiques, totalisant 48.000 lits, et générant près de 19.000 emplois directs. Afin d’ancrer une culture du tourisme au sein de la société et d’améliorer l’image du pays, le ministre pense qu’il est fondamental aujourd’hui de fédérer les efforts en vue d’une complémentarité intersectorielle. Mettant à profit cette occasion, le premier responsable du secteur a rassuré les professionnels, de prendre en  considération leurs préoccupations et de résoudre tous les problèmes qui peuvent constituer un obstacle réel. Il dit que les pouvoirs publics sont conscients de cette situation et sont déterminés à accompagner les opérateurs à trouver des solutions adéquates.
Ajoutant : «Des ateliers sont à pied d’œuvre sur diverses questions afférentes, notamment aux  questions de la réduction des tarifs de transport aérien entre le Nord et le Sud, de l’endettement des agences de tourisme et de voyages, et de la facilitation de l’octroi des visas, une question qui connaît une amélioration.» Il a également relevé qu’il convient de  consolider et d’accompagner les mécanismes et mesures à même de contribuer à la dynamisation du tourisme dans cette région, important segment de développement socioéconomique. M. Mermouri a fait état, néanmoins, de potentialités existantes en-deçà des ambitions du secteur, au regard des lacunes constatées, notamment en termes d’insuffisance des structures d’accueil, de détérioration de la qualité des prestations, de la faiblesse de la promotion et des contraintes de transport, en plus de la complexité des opérations de changes et des difficultés posées aux tour-opérateurs et aux agences de voyages.

Ouverture de trois circuits

Pour relancer l’activité touristique au niveau de la wilaya de Tamanrasset, trois circuits vers des sites du Tassili Ahaggar, à savoir ceux de Tafdest Beida, Assekrem et Mertoutek, ont été ouverts  et que les efforts se poursuivent pour l’ouverture prochaine d’autres sites.
Cette réouverture des sites sera certainement une opportunité pour attirer et augmenter le nombre des  touristes, en particulier les étrangers.
M. Mermouri a, par ailleurs, invité les agences de tourisme et de voyages à ne pas se limiter à l’accueil, mais à rechercher des créneaux susceptibles d’attirer les touristes nationaux.
S’agissant de la formation, le ministre  a insisté sur la nécessité de la renforcer et de hisser le niveau de  qualification dans des domaines précis, afin d’améliorer la qualité des prestations touristiques, que ce soient dans les segments de l’hôtellerie ou des circuits touristiques, ainsi que les activités de l’artisanat traditionnel, dont l’ouverture à Tamanrasset d’une école-pilote de gemmologie, fruit de la coopération algéro-brésilienne.
Il y a lieu de noter que cette visite de travail dans la capitale de l’Ahaggar Tamanrasset a été  aussi l’occasion, pour l’hôte de la région, d’inspecter  certaines structures, dont les hôtels Tin-Hinane, Caravane-Sérail et Touareg, ainsi que l’école-pilote de gemmologie et la maison de l’Artisanat et des métiers, et a honoré des artisans formés dans le domaine de la gemmologie.
Makhlouf Ait Ziane
 

Commentaire : Produit prometteur

 

lDîners dans les dunes, campements et bivouacs, petites randonnées bédouines constituent l’une des prestations touristiques spécifiques du désert. Ce vaste territoire a de tout temps été un lieu particulier. Il constitue une véritable aubaine pour l’Algérie, et également le vrai fer de lance du tourisme. L’Algérie, il faut le reconnaître, recèle des paysages féeriques, et un patrimoine culturel et cultuel inestimables. Aujourd’hui, devant la crise financière engendrée par la chute drastique des prix de pétrole, les pouvoirs publics sont dans l’obligation de chercher d’autres sources financières. Donc, qu’on le veuille ou pas, le tourisme constitue l’un des secteurs qui peut constituer une alternative à l’or noir. Quel produit peut-on proposer pour concurrencer les géantes destinations touristiques au niveau mondial ? La réponse est simple : la plupart des spécialistes et professionnels considèrent que le désert est le produit touristique par excellence sur lequel on peut compter, actuellement, pour attirer des touristes nationaux et étrangers. Cependant, la destination Algérie des années 70 n’est plus celle d’aujourd’hui. En d’autres termes, durant cette époque, le tourisme balnéaire était très développé par rapport à aujourd’hui, d’où le fait que notre pays n’est plus adossé à une culture touristique ambiante. Cela dit, dans le tourisme balnéaire, nous avons enregistré un énorme retard par rapport à d’autres pays, en particulier nos voisins de la rive sud de la Méditerranée. Mais avec son désert comme produit touristique, l’Algérie peut, sans aucun doute, concurrencer d’autres destinations. La question qui se pose néanmoins est de savoir comment promouvoir cette destination aux nombreux atouts ? Tout d’abord, il est primordial de diagnostiquer cette destination, tout en sériant les différents obstacles et problèmes.  Ensuite, on passera à la mise en place d’un plan ou d’une stratégie adéquate qui va permettre le développement de cette destination. Mais cela doit être réalisé, bien évidemment, en concertation avec les différents acteurs et experts du domaine. Il convient de préciser qu’il y a beaucoup de problèmes à régler, entres autres la fermeture, depuis fin mars 2010, de certains sites, le problème des visas, de communication et de la formation, etc. Ces derniers constituent une entrave tangible pour l’affluence des touristes. En tout cas, aujourd’hui, on assiste, sur l’ensemble des destinations à travers le monde, à une massification en termes du tourisme au désert, devenu un produit commerçant de grande consommation. Enfin, la destination saharienne en Algérie a besoin de plus de prise en considération, car elle constituera une source d’entrée de devises de demain et génératrice d’emploi. Le ministre du Tourisme a annoncé un chiffre encourageant en termes de nombre des touristes qui ont visité le Sud, l’année dernière. Ce chiffre a atteint 140.000 touristes, dont 10.000 étrangers, bien qu’il reste très faible par rapport aux potentialités et aux atouts de la région.
M. A. Z.

 

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